Commune de Saint-Guilhem-le-Désert

Le massif forestier de Saint-Guilhem-le-Désert

Le massif forestier de Saint-Guilhem-le-Désert (2451 ha) qui aujourd’hui sert d’écrin au village et à l’abbaye, n’était pas encore façonné par l’homme lors de l’édification de l’abbaye , d’où le suffixe désert. Une partie de ce massif est aujourd’hui classé à l’inventaire des sites.

Les terrains dolomitiques, d’aspect gris et poreux, étaient recouverts par le pin Laricio, de Salzmann. Les terrains calcaires, d’aspect blanchâtre, portaient des peuplements de chênes verts et de chênes pubescents.

En raison de la topographie accidentée, (pentes supérieures à 80% sur les 2/3 de la surface), la forêt n’a pas été défrichée par les moines pour pourvoir à leur substance. Ils se contentaient de la traverser, "par le chemin, pastoral de l’Ermitage" qui franchit la reculée du Bout du monde, pour aller chercher les céréales sur le plateau du Larzac.

Au cours des siècles, alors qu’elle était propriété communale, la forêt a servi de support à trois activités :

- Le pâturage des chèvres qui ont fait à cette époque la renommée de St Guilhem, les Montpelliérains venaient acheter leur gigot et les côtelettes de chèvre à la boucherie DESFOURS jusqu’à sa fermeture dans les années 1970.

- Le chauffage domestique et celui des fours des potiers de St Jean de Fos, ce qui générait des conflits entre les habitants des deux villages. Le chêne ne suffisait pas à la demande, le genêt scorpion (l’argeollas) était également exploité.

- La cueillette des truffes et la chasse des grives musiciennes (les tourdres), ont fait la réputation de l’hôtel FONZES, et ont été à l’origine d’une activité de conserverie.

Ces trois activités et les incendies ont modifié le paysage. Sur les versants Sud et les terrains dolomitiques, la forêt a régressé et laissé la place à des milieux ouverts à base de romarin aux vertus mellifères. Sur les terrains calcaires, le chêne pubescent a disparu, le chêne vert a résisté grâce à la puissance de ses racines qui colonisent ces rochers sans sol et à capacité à rejeter après le passage des incendies. Sur les hauteurs, le pin laricio de Salzmann se maintient malgré les incendies répétés. Ce pin est une relique de l’époque tertiaire, une forme entomologique particulière lui est inféodée. La forêt de St Guilhem constitue la principale station française de cette espèce.

En 1898, alors que la forêt ruinée ne procurait plus de revenus, elle a été achetée par l’Etat qui voulait que les sols soient couverts de végétation pour lutter contre les inondations du fleuve Hérault. Sa gestion a été confiée à l’administration des Eaux et Forêts. Sa surface a été augmentée au fur et à mesure des acquisitions de terrains.

Plusieurs forestiers ont marqué cette gestion, MM. MARIN et SARRAN gardes forestiers à St Guilhem, l’inspecteur Max NEGRE qui a laissé son nom à un point de vue (l’un des points forts des paysages de ce massif), le Conservateur PRIOTON , dont se souviennent les hommes âgés de St Guilhem qui les vendanges terminées allaient travailler en forêt en attendant la période de la taille de la vigne.

Actuellement, l’Office National des Forêts, gestionnaire de la forêt, oriente son action vers la conservation du patrimoine génétique du pin laricio de Salzmann et vers la conciliation du multi usages, l’activité cynégétique et l’accueil du public sous toutes ses formes.

Renseignements sur la forêt et sur les visites guidées pour les groupes :
ONF : 04 67 35 58 00 ou 04 67 44 60 02

Site Internet : www.onf.fr/

Pour mieux connaître la forêt….

Son accès : par le village et les sentiers balisés, par le C.D. Arboras-Les Lavagnes Carte IGN Top 25 : 2642 ET

Son altitude : entre 70 m au Sud et 819 m au N.O.

Ses principales essences : Outre le pin de Salzmann (l’espèce a été identifiée au début du 19 è siècle par un botaniste allemand qui lui a laissé son nom), le chêne vert, le pin d’Alep (introduit au début du 20 è siècle), le chêne pubescent, l’érable de Montpellier .

Ses nombreuses corniches sont autant de refuges pour les grands rapaces, parmi eux, l’aigle de Bonelli qui vient en voisin.

Attention, la forêt est fragile et de nombreux incendies ont commis des ravages importants.


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