Commune de Saint-Guilhem-le-Désert

Appel d’offres pour le relevage et la mise en sécurité électrique de l’orgue de l’église abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert

Le grand orgue de l’église de l’abbaye de Gellone est un instrument exceptionnel, mondialement connu des musicologues, qui fait partie de notre patrimoine le plus précieux. Il s’agit d’un trésor national, régional, départemental et bien sûr communal.

Appel d’offres pour :

Appel d’offres pour le relevage et la mise en sécurité électrique de l’orgue de l’église abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert

Date de lancement de l’AO : 5 octobre 2012

Nature de l’AO : travaux publics

Procédure prévue : procédure adaptée

Date limite de réception des candidatures en mairie : lundi 19 novembre 2012 à 12 heures.


Le grand orgue de l’église de l’abbaye de Gellone est un instrument exceptionnel, mondialement connu des musicologues, qui fait partie de notre patrimoine le plus précieux. Il s’agit d’un trésor national, régional, départemental et bien sûr communal.

Sa construction s’est déroulée en deux étapes majeures. La première en fait un orgue historique, construit par Jean-Pierre Cavaillé dans les années précédant la révolution de 1789. Il était probablement destiné à remplacer un autre instrument comme le laisse penser la présence, en 1753, sur la paroisse Saint-Barthélemy de Saint-Guilhem-le-Désert, de monsieur François Austruy, un facteur d’orgue albigeois qui travaillait probablement pour les moines de l’abbaye comme le relève Monique Bernat rapportant les recherches historiques de M. Felix Raugel dans les archives communales.

La révolution de 1789 arrêta la construction des orgues et provoqua l’exil de Jean-Pierre Cavaillé en Espagne. Ainsi, dans l’inventaire du 30 octobre 1790 il est dit que dans le mobilier de l’église abbatiale se trouvait « une belle orgue toute neuve, y manquant le positif ».

Cependant la construction de l’orgue à peine terminée, l’instrument faillit être démonté et transféré à Notre-dame-des-tables à Montpellier. Ce transfert fut empêché par l’intervention astucieuse de son organiste M. Laffond qui réussit à tromper l’administration, au détriment de l’église de Saint Thibéry qui vit son buffet transféré à Notre-dame des tables à sa place.

Une deuxième fois, en 1818 , l’orgue sera menacé d’un transfert que le Conseil Paroissial et le conseil Municipal parviendront à éviter en argumentant que c’était la commune et la paroisse qui en assurait l’entretien et les salaires de l’organiste et du souffleur depuis des années.

Des traces d’une restauration effectuée en 1866 ont été mises à jour par Alain Sals en 1968. Il semble que c’est de cette période du 19ème siècle que dataient l’accouplement du récit et du grand orgue et les systèmes de réglages des hauteurs de touche. Ces derniers systèmes ont été supprimés en 1984.

Bien qu’il soit de nouveau utilisé pour les offices religieux dans la deuxième partie du 19ème siècle l’instrument retombe dans l’oubli. Il sera redécouvert par Felix Raugel pendant la première guerre mondiale mais il faudra attendre la démobilisation de l’année 1941 pour voir l’Abbé Anthérieu, Curé de la paroisse de Saint-Guilhem parvenir à convaincre les habitants de consacrer le montant de leur prime de démobilisation pour sauver l’orgue.

Cette action sera le point de départ de la véritable renaissance de l’orgue de Saint-Guilhem avec les prémices d’un regain d’intérêt certain par l’enregistrement des disques de Joseph Roucairol, un don du Lyon’s Club et les travaux de relevage effectués pa r M. Sals en 1968 qui seront suivis d’un concert de M. Michel Chapuis.

La restauration faite en 1968 respectera scrupuleusement l’esprit historique de l’instrument sans chercher à en modifer les caractéristiques fondamentales. Ainsi le pédalier, devenu inutilisable, sera reconstruit à l’identique. Mais l’absence de positif se faisait cruellement sentir malgré des adaptations du clavier de récit et le positionnement du Cromorne au grand orgue, décidés dès l’assemblage de l’instrument par Jean-Pierre Cavaillé. Peut-être celui-ci qui avait-il su assez tôt que la construction du positif serait retardée . Malgré cela, l’absence de positif restreignait significativement le répertoire accessible à un instrument dont la conception d’origine le prévoyait.

En 1972, l’association des Amis de Saint-Guilhem va organiser un festival de musique autour de l’orgue au cours duquel des organistes, parmi les plus célèbres, vont faire vibrer l’instrument. Des disques seront enregistrés et les réalisations de plusieurs ouvrages vont permettre d’apporter les premiers fonds.

En 1973, Alain Sals présente ses premiers devis. Son projet sera validé le 11 juin 1974 par la Commission Supérieur des Orgues Historiques selon la proposition des rapporteurs Marie-Louis Girod et Claude Aubry. Le buffet de l’orgue sera lui-aussi classé monument historique en mai 1975.

Dès lors, des subventions seront attribuées à cette opération par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le Conseil Général de l’Hérault et le Conseil Régional Languedoc-Roussillon.

Cependant, l’orgue ne sera remonté avec son positif qu’en 1981 car il paraît opportun de profiter de cette occasion pour mener à bien une restauration plus poussé. De nouveau, la Commission Supérieure des Orgues historiques donne un avis favorable au projet qui sera subventionné à parts égales entre l’Etat et le Conseil Général de l’Hérault.

Les travaux menés par Alain Sals et Charles Henry vont se dérouler au cours de l’automne et de l’hiver 1983-1984 pour se terminer au printemps. La saison musicale va pouvoir reprendre dès 1984. La réception de l’orgue sera effective le 16 Août et l’orgue sera officiellement inauguré le 6 octobre 1984 par Odile Bailleux.

En 1994, Alain SALS informe le Maire de Saint-Guilhem-le-Désert que les sommiers de l’orgue nécessitent une restauration, ainsi que les soufflets la tuyauterie et la mécanique. Il chiffre alors les travaux à 236 880 francs. Le Conseil Municipal de la commune de Saint-Guilhem-le-Désert décide de lancer l’opération et présente, en 1995 des demandes de subventions auprès de la DRAC (CM 8 décembre 1995), du CRLR (décision de subvention de 59 000 francs du 21 février 1997) et du CG34 et du Conseil Général de l’Hérault qui répond à cette occasion que la participation de l’Etat doit être préliminaire à la sienne (courrier du 6 février 1996).

Comme le mentionnera postérieurement le rapport de M. Jean-Pierre DECAVELE, technicien conseil pour les orgues auprès du ministère de la culture, celui-ci n’avait jamais bénéficié d’une restauration, en particulier le grand orgue, le récit et la pédale. Il convenait également de traiter les postages et de les compléter, de retraiter les tuyaux lépreux, notamment ceux de la façade en partie et de redresser les tuyaux anciens. Cette opération permettra également de corriger le plein-jeu du positif et l’harmonie du clavier pour l’adapter à celle du Grand orgue.

2. Situation actuelle de l’instrument

Depuis près de trente ans, l’instrument est l’objet de soins attentifs de la part de ses organistes titulaires (actuellement M. Peter Weinman et M. Frederic Munoz), de M. Sals, puis depuis deux ans, de Monsieur Michel Formentelli, sous la responsabilité vigilante et attentive de l’association des Amis de Saint-Guilhem, de la paroisse et de la commune.

Les saisons musicales se sont succédées sans interruption, au grand plaisir des organistes titulaires, des artistes et des mélomanes. Toutefois les outrages du temps se sont accumulés et ont induit un vieillissement dont les effets n’ont été que partiellement contenus par les soins prévus dans la maintenance annuelle prise en charge par la commune. Certains travaux ont été réalisés directement sur les fonds propres de l’association des « Amis de Saint-Guilhem » comme ce fut le cas récemment pour la réfection à l’identique du clavier en 2008.

La présente demande d’intervention correspond donc à une véritable finalisation des travaux de restauration de l’orgue historique de Saint-Guilhem-le-Désert car l’instrument est encore menacé dans son existence même.

3. Description des actions à mener - allotissement

Lot N°1 - Conservation et entretien décennal

Nettoyage de l’instrument : boiseries, parties instrumentales, soufflets, tribune, escaliers ;
Traitement fongicide sur les montants, les traverses du positif, la console, les tirants, les rouleaux de jeu, les planchers, les statues, les corniches de buffet, les portes et les panneaux ;
Désoxydation de toutes les parties métalliques et des transmissions mécaniques ;
Nettoyage et réglage (ou remplacement) des panneaux d’accès intérieur de l’orgue et notamment des serrures et des gonds ;
Substitution du plancher de la console (noyer) et du grand orgue (sapin) ; Remplacement des éléments attaqués par les vers ;
Démontage à sec des tuyaux d’orgue et vérification des soudures et des entailles ;
Remplacement des rasettes d’accord des tuyaux d’anches usés ou tordus ;
Réglage des transmissions mécaniques des jeux et du pédalier ;
Réglage du tremblant doux et des ressorts des sommiers ;
Vérification de l’harmonie des jeux et accord général après nettoyage ;

Lot N°2 – Mise en sécurité électrique

La commune de Saint-Guilhem-le-Désert se situe à plus de vingt minutes de toute intervention des services d’incendie. Les équipes municipales possèdent un matériel de premier secours et une borne à incendie se situe à proximité de l’église sur la place. Il n’en demeure pas moins que tout incendie serait potentiellement catastrophique pour l’orgue dont le buffet et les mécanismes sont composés de bois de petites tailles et secs ainsi que de quelques 1912 tuyaux d’étain dans les différents registres.

Le risque d’incendie est potentiellement aggravé par la présence de courants d’air dus aux ouvertures du clocher. Un matériel de type extincteur est à la disposition de l’organiste. Il est bien sur régulièrement vérifié mais ne pourrait être efficace que dans le cas d’un départ de feu en présence de l’organiste.
Il existe un risque grave, du fait de la vétusté des installations électriques qui alimentent la soufflerie, l’éclairage et le chauffage de l’orgue. Ces installations électriques sont disposées directement sur les éléments en bois de l’instrument. Il s’agit de boîtes de bakélite ou de porcelaine sous tension. Un court-circuit au niveau de ces installations conduirait inéluctablement à la destruction totale du buffet, des mécanismes et probablement des 1912 tuyaux de l’instrument.

Ces circuits électriques inhomogènes sont le résultat d’une évolution complexe et chaotique des circuits électriques au cours du temps. Ainsi, les fils d’alimentation des projecteurs qui assurent l’éclairage du buffet de l’orgue depuis l’église abbatiale traversent de part en part toutes les menuiseries de l’instrument pour rejoindre le tableau électrique situé dans la soufflerie dans le clocher.

De plus, les systèmes d’éclairages de l’orgue et du pupitre de l’instrument ont été installés, il y a quelques dizaines d’années, par agrafage direct sur les structures en bois. Là aussi, un court-circuit ou une surchauffe des lampes d’éclairages pourrait provoquer un départ de feu catastrophique. Les installations actuelles de chauffages sont constituées de systèmes radiant à incandescence. Eux aussi sont placés directement sur les parties en bois du buffet de l’orgue.

Le clocher ne dispose pas actuellement d’une mise à la Terre qu’il est nécessaire de mettre en place et de procéder à la reprise de tous ces défauts.

Lors de la réunion de la Commission communale des Appel d’offre du lundi 10 décembre 2012 il a été décidé de proposer au Conseil Municipal de retenir les propositions suivantes dans le cadre de l’opération de relevage décennal et de mise en sécurité électrique de l’orgue Jean-Pierre Cavaillé de Saint-Guilhem-le-Désert.

Lot n°1 : Conservation et entretien décennal : Entreprise FORMENTELLI pour un montant de 19 336 € (TTC).

Lot n°2 : Mise en sécurité électrique de l’orgue : Entreprise MEYNIER pour un montant de 18 621 € (TTC).

Cette proposition a été validée par le Conseil Municipal lors de sa séance publique du 14 décembre 2012.


DC1-Habilitation du mandataire
DC2-Déclaration du candidat
DC3-Acte d’engagement
DC4-Déclaration de sous-traitance
AO-Orgue-RC
AO-Orgue-CCTP
AO-Orgue-CCG
AO-Orgue-DE

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